Retour d’expérience : lien CMPP et école

Il y a quelques mois nous recevions deux groupes de directeurs d’écoles havraises au CMPP. Soucieux de bien les accueillir et de pouvoir leur présenter le CMPP dans sa globalité, les professionnels du CMPP avaient prévu des supports, des vidéos de présentation, des échanges riches et animés. Nous avons pu parler des orientations, de nos […]


Il y a quelques mois nous recevions deux groupes de directeurs d’écoles havraises au CMPP.

Soucieux de bien les accueillir et de pouvoir leur présenter le CMPP dans sa globalité, les professionnels du CMPP avaient prévu des supports, des vidéos de présentation, des échanges riches et animés.

Nous avons pu parler des orientations, de nos difficultés communes et parfois singulières, de notre volonté de travailler ensemble dans le même sens auprès des enfants et familles en difficultés mais aussi de nos contraintes et nos limites.

Hier, j’ai eu la chance de pouvoir passer quelques heures dans une école, au côté du Directeur, « parce que le partenariat c’est dans les deux sens ! » 

Chouette alors ! Curieuse et intéressée, voilà plusieurs années que je n’avais pas mis les pieds dans les rangs d’une école élémentaire, cela serait surement une opportunité de réactualiser mes connaissances et de raviver quelques souvenirs ! Vous noterez que je n’ai pas précisé s’ils seraient bon ou mauvais [les souvenirs] !

Alors me voilà dans le bureau du Directeur, il me présente son école en « REP+ » avec une certaine fierté malgré les importants défis qu’il a fallu relever, nous plaisantons autour de notre quotidien qui nous semble finalement assez similaire.

Dans cette école, près de la moitié des enfants ont des « besoins spécifiques » mais peu d’entres eux sont officiellement reconnus ou déjà suivis, ici la précarité touche de plein fouet la plupart des familles, le chômage concerne beaucoup de parents, mais … mais pour autant les élèves sont respectueux des adultes, les problèmes de comportement ne sont pas si fréquent, il n’y a pas beaucoup de turnover d’enseignants, certains commencent même à avoir pas mal d’expérience !

Le tissu associatif de l’école est riche, il permet d’accrocher parfois par d’autres biais des familles.

Dans cette l’école, l’hétérogénéité prime, beaucoup de doubles niveaux, beaucoup de mixité, la notion de « petits effectifs » prend tout son sens, les récréations sont étalées dans la journée, un équilibre semble avoir été trouvé, même si le Directeur me rappelle régulièrement que tout ça ne tient qu’à un fil !

J’échange quelques mots avec AESH, enseignants, j’observe, et nous faisons le tour des classes, pas une n’est similaire ! Et toutes d’elles sont bien éloignées de l’école que j’ai pu fréquenter il y a maintenant quelques années ! J’aperçois des enfants avec des jouets dans les mains, assis sur un ballon, un canapé et un plaid trône au milieu d’une classe ou finalement chaque enfant est assis à sa place, je fais connaissance avec des enfants allophones heureux d’être à l’école en France et d’autres subissant complètement cet exil, j’aperçois des enfants souriants et motivés et d’autres trainant les pieds pour retourner en classe… Ouf ! tout n’a pas changé en quelques années ! Des enseignants qui testent des nouvelles approches qui expérimentent, des professionnels qui doutent et parfois subissent un environnement contraignant.

Je retiens de ma visite, l’incroyable souplesse dont ont su faire preuve ces professionnels, comment l’école a su se réinventer et s’adapter aux besoins des élèves et des familles avec toujours en tête « que tout ne tient qu’à un fil ».

Un fil qui est dans la main d’Hommes et de Femmes volontaires et engagés au service d’une société plus ouverte, plus inclusive, pour amener l’enfant à grandir, s’épanouir et à trouver sa place dans l’environnement incertain qui nous entoure.

Lors de nos premiers échanges nous étions tous convaincus de l’importance du travail triptyque : Famille / Ecole / ESMS, pour le bien de l’enfant aucune de ses parties ne peut avancer seule, je ressors plus que convaincue de cela, et peut-être que notre relation doit elle aussi évoluer, s’adapter et se réinventer.

Nous sommes tous dans le même camp, nul doute.

Un grand merci à Mme Botsula, Inspectrice de l’éducation nationale circonscription Le Havre EST, ainsi qu’à M. Bois et l’équipe éducative de l’école Varlin 2 du Havre pour leur accueil.

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